22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 16:26

 

Œuvre reçue par LPpdm et classée dans

le catalogue de la Bibliothèque Cybèle de la SIÉFÉGP

 

À propos de l'ouvrage Hors Je de Stephen Blanchard

 

© Crédit photo : 1ère de couverture des éditions France Libris, prise par LPpdm

 

Avant-première

 

Extrait de la critique à paraître dans le n° 5 imprimé du Ppdm le 30 novembre 2016

 

« Le discours en vigueur ne tolère la poésie qu'à la condition qu'elle se déclare « inadmissible » : coupable d'imposture qu'en se livrant à la plus sévère des autocritiques. Les poètes, pourtant, ne sont ni des enfants ni d'incorrigibles rêveurs. Ils ne confondent pas les masques et les visages. Si stupéfiantes soient-elles, les images qu'ils inventent consistent en des « fautes calculées 3 » ayant l'indécision et le vacillement du sensible pour objet. »

(note 3 : « La métaphore aussi est une faute calculée, une transgression catégoriale (sort-crossing) », Paul Ricœur, La métaphore vive, éd. du Seuil, 1975, p. 316) voir Jean-Michel Maulpoix, Adieux au poème, éd. Librairie José Corti, coll. En lisant en écrivant, 2005, p. 11.

 

Ce recueil relève de la poésie de la contrainte où le poète se place « Hors je » pour poétiser. Cela fait ressurgir la poésie cadencée et révoltée de Stephen Blanchard au fil des pages. Cette poésie de l'insurrection baptise le soi et le monde de son espoir en un avenir aux couleurs de l'arc-en-ciel. Elle peut tout et ose tout parce qu'elle est Révolte.

L'effacement de la subjectivité du poète se fait au profit d'une poésie dépourvue de son sujet premier le poète comme l'explique Louis Delorme, dans sa critique « Hors Je » de Stephen BLANCHARD éditeur : France-Libris, 2016 :

 

Le premier thème de la poésie, c'est le poète lui-même. Tous les mots sont inachevés, restent inachevés, puisqu'on les réemploie dans des contextes différents, puisque des générations de poètes, avec ces mêmes mots, sculptent, liment, cisèlent, (selon la recommandation de Théophile Gautier dans L'Art poétique.) constamment de nouvelles œuvres. Le Poète et la poésie ne font qu'un : « Ce matin / mes rêves s'agrippent / à la quintessence / d'un rendez-vous / avec moi-même … » (p. 34)

 

Autrement dit, au profit d'une poésie tournée toute entière vers le monde et l'engagement. Le lyrisme du poète débarrassé de son soi rend autrement les beautés du monde, l'autre et l'engagement.

Le poète Stephen Balanchard chante tout cela dans son recueil Hors Je et sa poésie engagée rassure le lectorat et lui donne envie d'espérer. Sa poésie trouble par sa capacité à peindre la vie avec le réel comme pinceau et les mots presque usés comme univers un horizon pour ceux et celles qui n'en ont plus. Sa poésie est donc progressiste et comporte une porté sociale et politique. Hors Je est aussi l'expression du poète intellectuel détaché de son être afin de se laisser envahir entièrement par l'altérité (devenir l'autre et vivre au travers sa condition sociale). Hors Je fait ainsi progresser en poésie la cause des pronoms personnels du sujet « Tu » et « vous » face au « Je » et aux autres pronoms « nous », « il(s) », « elle(s) », et le lyrisme du poète s'exprime différemment par le biais d'une poéticité et d'une poétique altruistes.

Dans ce recueil, la versification de Stephen Blanchard est marquée par des rimes internes et par des rimes plates avec quelques fois des rimes croisées. De même, sa métrique est riche et variée. Cet ouvrage se caractérise également par la beauté des chutes de ses poèmes [...].

Hors je porte aussi sur les événements qui ont marqué l'actualité de l'année 2015 et une partie de l'année 2016, il se nourrit de la notion de « vivre ensemble ». Le poète y devient le révolté, celui qui s'insurge contre la violence aveugle et gratuite, contre l'inhumain tuant ce qui est beau dans l'humanité.

Parfois, on entend la voix du poète poussant un hurlement strident immanent de son tréfonds quand il assiste désœuvré et stupéfait au dérapage varié de nos sociétés. Lui qui n'a que les mots et les feuilles qui se dérobent à ses yeux, lui qui n'a que des mots fragiles, apeurés, vulnérables pour dire le monde, pour décrire les cadavres qui jonchent la terre et pour apaiser nos maux. Révolté, fragile, le poète est hors lui, « hors je », détaché de son corps linguistique, de ce « je » qui ne lui suffit plus, comme l'âme virevoltante du moribond. Penché comme l'oiseau sur son nid nourrissant ses petits, le poète Stephen Blanchard désaltère son lectorat de sa poésie engagée.

 

Voir aussi l'annonce de parution de l'ouvrage : 

 Stephen Blanchard, Hors Je, préface de Joël Conte, aux éditions France Libris, 2016

***

Pour citer ce texte

  

Dina Sahyouni, « À propos de l'ouvrage Hors Je de Stephen Blanchard », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre spéciale édition 2016 [En ligne], mis en ligne le 22 octobre 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/10/horsje.html

 

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